Date : mercredi 1er septembre
La nuit s’est passée sans encombre, et aucun sanglier ne m’a dévoré.
Aujourd’hui, retour à la civilisation, pour atteindre Le Perthus pour le petit-déjeuner !


Je pars vers 8h30, et arrive au Perthus après 4km. Le Perthus est divisé entre Espagne et France, et on y trouve une rue pleine de boutiques de toutes sortes. Les touristes sont nombreux, le bruit est présent, le béton aussi, rien de très réjouissant.
Je ne trouve pas de boulangerie, je vais donc dans un centre commercial pour acheter des pains au chocolat.
Je m’arrête ensuite dans un bar-restaurant pour un chocolat chaud, un grand café et un verre de jus d’orange, seul client à cette heure, ce qui me permet de profiter d’un peu de calme.
Le patron me pose quelques questions sur mon trajet, puis je reprends la route.

Alors que je marche sur la piste en plein soleil, je constate rapidement un problème : j’ai oublié de me ravitailler en eau. Ma bouteille est quasi vide, et la journée s’annonce très chaude.
Je regarde la carte : je devrais bientôt croiser un petit ruisseau, théoriquement…
Sauf que le petit ruisseau est directement pompé à la source, j’entends l’eau s’écouler tristement dans le tuyau, mais pas une goutte n’est accessible…
Un peu plus loin, un minuscule flux d’eau s’écoule dans des flaques boueuses.
Eh bien, on s’en contentera. Je passe 10 minutes à attendre que l’eau s’écoule dans ma bouteille, je revisse le filtre, et je me dis que je ne boirai ça qu’en dernier recours.


Après quelques heures de marche, je tombe finalement sur un tuyau d’eau propre, avec un bon débit, peu avant d’arriver à Saint-Martin de l’Albère…
J’ai bien fait d’attendre un peu !

A 13h30, j’arrive au Col de l’Ouillat, où se trouve une auberge.
J’y fais donc ma pause repas, accompagnée d’une bière « Internationale Propagande Anarchiste ».
En dessert, je m’accorde une délicieuse glace pêche-fraise-chantilly, probablement la dernière de cette traversée…
Après deux cafés, je repars vers 15h30.
Je remplis également ma bouteille dans une fontaine juste à côté de l’auberge.

Je poursuis le chemin, qui suit la frontière espagnole à une altitude d’environ 1000m.
Je jette un coup d’œil en arrière, et aperçois les montagnes au loin, perdues dans les nuages.
Je prends alors conscience du trajet parcouru, et surtout du fait que cela est (quasiment) terminé : les Pyrénées sont déjà derrière moi.
Tiens, j’ai une poussière dans l’œil!



Je continue dans un paysage un peu désertique, avec pour seul compagnon le vent, qui souffle plutôt fort.
J’arrive enfin vers 19h au « Refuge Tomy », superbe petit abri fabriqué par un vieil homme, surnommé Papy Maurice, qui y vient régulièrement pour le réparer ou bien le ravitailler en eau.
Un carnet s’y trouve, avec de nombreux messages laissés par cet homme et par les visiteurs.
Je passe un moment à le lire, puis je ressors pour chercher un endroit où dormir : malgré le vent et la présence de l’abri, je me dois de dormir à la belle étoile pour ma dernière nuit, avec vue sur la mer !
Le Refuge Tomy est en effet situé sur le Pic de Sailfort, dernier sommet de la HRP, à une altitude de 980 mètres.

Après avoir longuement hésité, en cherchant l’endroit le plus abrité du vent, je m’installe finalement à quelques mètres de l’abri. Au niveau du sol, je suis suffisamment protégé du vent par les rochers alentours.
Je prends mon repas face à la mer, en sachant qu’il ne me restera que quelques heures de marche demain matin…
Vers 21h, je commence à entendre des cris en contrebas, puis je vois une lumière s’approcher.
Je pense tout d’abord qu’il s’agit de Papy Maurice qui arrive avec son chien, mais non, je fais la rencontre d’Anton, qui débute le GR10 en partant de Banyuls, juste après avoir fait la Grande Traversée des Alpes !
Ce dernier m’explique qu’il criait car il a entendu des bruits étranges en montant, et qu’il n’était pas très rassuré… Je lui raconte donc les mésaventures de mon arrivée au bivouac de la veille, et nous restons à discuter jusqu’à 23h, avec une belle vue sur les lumières de Banyuls.
Il me demande si je n’ai pas peur de la pluie qui est annoncée dans la nuit… mais de mon côté je ne l’ai vue annoncée que pour le lendemain. Je prends le risque, quitte à me protéger avec le tarp dans la nuit si besoin.
De son côté, il rentre dormir dans l’abri.
Une dernière soirée parfaite sur la HRP !
Bilan de la journée : 29km
