Date : mardi 23 juillet 2024
Je pars vers 8h, à la fraîche : le soleil est encore caché par les montagnes. Bien entendu, le tarp est trempé, je le fixe donc sur le sac pour qu’il sèche en marchant.

La première difficulté arrive vite : je dois traverser le torrent, mais comme celui-ci est à un niveau assez haut, il n y a pas vraiment de passage. Je n’ai pas très envie de mettre les pieds dans l’eau dès le matin… Cela s’avère périlleux mais je réussis à passer l’obstacle après quelques sauts.

Dans la montée, je rencontre à nouveau de la neige, je commence maintenant à être habitué. J’arrive vers 10h au Lago Di Pietra Rossa, encore bien gelé.


Pour la suite, ce n’est que neige à l’horizon. Je chausse les crampons, afin d’éviter de redescendre toute la pente en cas de chute. Comme souvent, la difficulté principale survient juste avant d’arriver au col, la pente étant plus verticale. J’enfonce donc bien les chaussures (et crampons) dans la neige en faisant de petites marches, puis j’atteins enfin les cailloux et rochers, et après quelques pas d’escalade et bien aidé des bâtons, j’arrive finalement au col vers 11h.



1h30 plus tard, je suis au Refuge Albert Deffeyes, toujours côté italien. Je m’y arrête pour manger une polenta et grillades de légumes (aubergines, courgettes, poivrons), puis un « semifreddo » au génépi (il s’agit d’une sorte de parfait glacé italien)


Après un café, je tente de rattraper un peu mon retard dans la rédaction de ces articles… tout en rechargeant la batterie du téléphone.
Après ces 2h de pause, je repars vers 14h30. Comme souvent le matin dernièrement, ou bien après une longue pause, les genoux sont bien douloureux dans les descentes. Très difficile de les plier, mais au bout de 10-15 minutes cela passe.

Vers 16h j’arrive entre deux lacs, les « Laghi Di Bellacomba », je dois passer au milieu, sauf qu’il n y a pas de passage possible sans mettre les pieds dans l’eau. Le courant étant assez fort, les pierres glissantes et le passage étant large, je suis quelque peu stressé à l’idée de glisser et tremper toutes mes affaires, électronique compris (même s’il n y a pas de risque de noyade)

De l’autre côté, un père et son jeune fils arrivent, et font face au même obstacle.
J’accroche les chaussures sur le sac à dos, puis je passe (lentemenf) en premier, avec succès.

Ensuite le père passe avec les sacs à dos, puis il revient chercher son fils et le porte sur son dos pour la traversée.
Tout se termine bien !





Je poursuis en montée, encore dans la neige, je rechausse les crampons.
A 17h30 j’arrive au Col de Tachuy, je repasse côté français.

La vallée dans laquelle je descends est sublime avec la lumière de fin de soirée.
Alors que je trottine en direction du Refuge du Ruitor, je suis très en forme et prêt à continuer encore un moment, mais ensuite le sentier remonte et les panneaux indiquent 2h jusqu’au prochain endroit où bivouaquer, le Lac Noir. Je n’ai pas envie d’installer le campement tard, je décide donc de m’arrêter là pour aujourd’hui.

J’arrive vers 18h30 au refuge, par gourmandise mais sachant qu’il est peu probable qu’on me réponde positivement, je demande si à tout hasard il est possible de manger ce soir : non, il aurait fallu réserver, ils sont complets. Tant pis. Je prends une part de tarte aux myrtilles, probablement la meilleure de la traversée pour l’instant, et un jus de pommes artisanal, délicieux également.
Le gardien est très sympa, je lui demande conseil pour un endroit où bivouaquer et je lui dis que je reviendrai le lendemain matin pour un chocolat chaud.
Je reviens un peu sur mes pas pour trouver l’endroit idéal pour bivouaquer, et je plante le tarp.
Il ne fait pas trop froid, je passe à la douche avec ma bassine pliable.
J’escalade ensuite un énorme rocher à côté de mon tarp, et vais prendre mon repas en haut. J’ai toujours de l’énergie à dépenser ce soir…

Après le repas, je m’offre le privilège d’écouter de la musique pour la première fois depuis 10 jours, en admirant le paysage avec le coucher du soleil. L’ambiance est parfaite.

Encore une très belle étape avec une vision d’altitude, beaucoup de neige, les crampons sont les bienvenus, et ces paysages toujours plus sublimes !!
Dommage que le père et son fils ne soient pas tombés à l’eau, ça aurait fait des photos supplémentaires pour cet article !