
Date : mercredi 12 août
Après une bonne nuit de sommeil à la belle étoile, je me réveille vers 6h et décide d’observer le soleil se lever en attendant que Francis et Maxime terminent leur nuit.
Par un procédé qui m’est encore mystérieux (l’efficacité, peut-être), Francis est au final le premier prêt à partir, ce qu’il fait, pour rejoindre le soleil qui atteint déjà les montagnes en face de nous. Max et moi remballons en vitesse les affaires et partons vers 7h30.
La vue sur la Baisse Cavaline depuis notre avant-dernier bivouac :



Dès notre départ, nous croisons les habituels troupeaux de chamois tout autour de nous…

Nous arrivons rapidement à la Baisse Cavaline (pour rappel, « baisse » est synonyme de « col » dans les Alpes-Maritimes, un peu sur le même principe que la chocolatine, qui est une appellation erronée du pain au chocolat chez nos amis Bordelais), puis nous passons au Col de Raüs (qui visiblement, lui, reste un col), et à la Baisse de St-Véran (qui est bien une Baisse, et n’a aucun rapport avec le ministre de la santé actuel).
Il fait déjà très chaud, trop chaud, et nos réserves d’eau sont très basses, étant donné que nous n’avons rencontré aucune source d’eau depuis la veille, dans la Vallée des Merveilles.

Nous croisons à ce moment-là un troupeau de moutons et leurs patous (les chiens de berger chargés de protéger les troupeaux), puis le berger qui les accompagne.
Les patous sont très calmes, contrairement à la plupart de ceux que nous avons pu rencontrer jusqu’à présent. Le berger nous explique qu’il souhaitait avoir des chiens sociables, et qu’il n y a pas à s’inquiéter d’eux (tant qu’on ne s’attaque pas aux moutons).
Effectivement, les chiens se laissent caresser sans problème.
Le berger nous indique qu’il n y aura pas de source d’eau avant un moment sur notre trajet, et vide donc sa gourde dans les nôtres. Lui aura la possibilité de se réapprovisionner plus bas sur son chemin.

Nous évoluons sur un chemin à flanc de falaise, plein Sud, avec une vue complètement dégagée.
Au fur et à mesure de la journée, la chaleur est de plus en plus difficile à supporter, la différence avec le climat de haute montagne est très nette, et nous sommes plutôt contents de nous dire qu’il ne s’agit que d’une journée ou deux avec ces températures…
La descente vers Sospel est également plutôt difficile, sur des chemins qui semblent interminables, et avec toujours aussi peu de sources d’eau.
Il s’agit d’une étape avec peu de dénivelé positif, mais beaucoup, beaucoup de dénivelé négatif. Les chemins de cailloux en lacets avant d’arriver à Sospel n’ont pas grand chose de passionnant et finissent de m’achever, et je me dis que les randonneurs qui font la GTA dans le sens Menton -> Lac Léman ont bien du mérite, et doivent bien souffrir avant d’atteindre enfin les « vraies » montagnes de la Vallée des Merveilles…

Enfin, nous atteignons Sospel vers 16h, après avoir marché vite pour certains, et couru pour d’autres (moi, essayant de rattraper les premiers après une pause technique…)
Nous savons qu’il s’agit de notre dernier passage dans une ville avant d’arriver à Menton. Nous faisons une pause bien méritée jusqu’à 18h, avec à la carte : glace, café, et un bon dernier ravitaillement : tomates, abricots, amandes… et une visite de la ville au passage.
Nous goûtons déjà aux joies de la civilisation et surtout aux spécificités du code de la route de Sospel, qui semble entre autre inclure les insultes entre conducteurs, en plus des places de parking illimitées sur les voies de circulation.

Nous repartons vers 18h, le sac lourd et la fatigue toujours un peu présente. Heureusement, un panneau nous rassure dès la sortie de Menton… La fin est proche.

Peu après nous faisons la rencontre d’un homme à l’âge avancé, qui discute un peu avec nous et nous donne de précieux conseils pour se défendre contre les lynx.
Il nous indique effectivement que ceux-ci sont présents dans le coin, et qu’il a d’ailleurs déjà été attaqué par eux.
Retenez donc qu’en cas d’attaque d’un lynx, il ne faut surtout pas protéger son visage avec ses bras, mais tendre un bras, prêt à serrer le cou du lynx dès que celui-ci vous saute dessus. (La meilleure défense, comme souvent, c’est l’attaque)
Désormais rassurés par notre formation avancée en combat de lynx, nous repartons gaiement pour attaquer la montée.
Nous passons par le Col du Razet vers 19h30, puis au Colla Bassa peu avant 20h30. Nous nous arrêtons peu après pour notre dernier bivouac, sur un terrain plat, parfait, avec vue sur la mer, et sur Menton.

Nous attaquons le dernier repas du soir, presque un repas de réveillon, avec notamment une superbe purée pommes de terre / sauce tomate, et quelques toasts.

Nous préparons le lit (à la belle étoile) pour cette dernière nuit, pendant que Menton s’illumine et que le soleil se couche…


Cette dernière nuit ne sera pas la plus calme…
Bilan de la journée : 41km
Cumulé : environ 711km
Dénivelé : +1000m, -2200m
