Date : lundi 16 août
La nuit a été bonne, malgré les quelques couinements et mouvements de souris près de moi…
J’avais prévu le coup et bien protégé la nourriture dans mon grand sac en nylofume (plastique solide et étanche, chargé de protéger l’ensemble du contenu à l’intérieur de mon sac)

La vue depuis la cabane au petit matin est superbe : une invitation à sortir explorer ces montagnes !
Je quitte l’abri vers 8h20, peu après Nicolas, qui va emprunter une autre direction sur la HRP, plus courte, mais dans le but de gravir ensuite le Pic Perdiguère (plus de 3000m d’altitude)

Pour ma part je souhaite poursuivre sur l’itinéraire classique, qui passe par le refuge de la Soula et le lac de Caillaouas, que je connais pour y être passé déjà au moins deux fois : il s’agit d’un très grand lac d’un beau vert lorsque le soleil est présent.



Je monte donc jusqu’au Col d’Aygues-Tortes, où j’arrive vers 10h. De là, la vue est déjà superbe, on peut voir au loin la désormais classique mer de nuages, qui semble cacher le reste de la France cet été…


Ensuite ce n’est que de la descente, interrompue par quelques pauses pour lire les panneaux explicatifs sur la faune ou la flore sauvage des Pyrénées. (j’y apprendrai notamment que la marmotte a été importée dans les Pyrénées depuis les Alpes dans les années 50)

J’arrive au Refuge de la Soula vers 12h30… Comment ne pas craquer pour un repas ! De plus, je sais que je suis un peu « short » sur la nourriture jusqu’au prochain ravitaillement : ce sera donc mon premier « plat du jour » de refuge dans les Pyrénées cet été. Et au programme, j’ai droit à un axoa de veau et son riz.
Le gardien est super sympa, et les quantités très très généreuses comme souvent. En me servant les plats, il me dit tout de même « redis moi si tu en veux plus »
C’était tellement bon (et il n’en resta pas une miette), que je lui en aurais presque redemandé, mais ça aurait été uniquement de la gourmandise.

À la place, j’opte pour un café, et un dessert, une crêpe à la confiture. Mais quelle confiture ? Je demande les options.
– « Fraises » me répond le gardien
– « Fraises ? »
– « Fraises »
Je confirme donc, histoire que l’on se soit bien compris : « Fraises »
Malheureusement pour moi, le gardien est seul, et doit également faire secouriste entre temps pour une femme qui a glissé dans un torrent et s’est apparemment blessée à la mâchoire.
Pas de problème, je patiente, les batteries rechargent pendant ce temps là.
1h30 environ plus tard (ce qui fait une bonne pause), la crêpe sera prête, et le gardien me fera une réduction pour la peine. (mais je ne lui en veux aucunement bien entendu)j
Je repars donc vers 15h… Dans le brouillard. Adieu lac de Caillaouas tant espéré, le beau vert est en fait tout blanc. Je passe sur le barrage, dont on ne voit pas le bout : étrange route vers l’inconnu…

Peu après, pour me consoler, je fais une pause myrtilles. Pas le choix que de s’arrêter : elles sont énormes, et délicieuses. Je remplis un sachet, pour mon dessert de ce soir.
50m plus loin, je croise un couple qui en ramasse également. L’homme me voit arriver et crie :
« non il n y a pas du tout de myrtilles par ici ! »
En toute logique je crie en retour : « c’est ce que je me disais aussi justement »

J’en profite pour leur demander s’ils viennent du lac des Isclots, vers lequel je me dirige, et s’il y a du brouillard là-bas également.
Il y en a effectivement mais pas au lac du Milieu, qui est juste au dessus.
Voilà qui est parfait : je bivouaquerai au dessus du brouillard.
J’arrive à 18h au lac des Isclots, effectivement encore sous la brume même si cela se dégage un peu, ce qui donne par moment une superbe ambiance, mi brouillard, mi soleil.




Je passe finalement au dessus du lac du Milieu, et monte encore un peu vers un autre petit lac sans nom, où j’arrive vers 19h : le coin est parfait, plat, ce sera cowboy camping ce soir.

De l’autre côté du lac je vois un autre homme, qui vient me voir alors que je prépare mon repas, il voulait dire bonjour à son voisin de bivouac.
Nous discutons donc un bon moment, lui est venu de Bordeaux passer une semaine dans le coin, il fait plutôt des boucles en passant par des crêtes et des sommets : un peu plus technique donc.
Il a fait le GR20 l’année dernière, en profitant du Covid et donc de la plus faible fréquentation. Il me le conseille tout de même, malgré le fait que ce soit une autre ambiance. Il ne faut pas y aller en espérant retrouver le côté sauvage et parfois solitaire des Pyrénées…

20km parcourus pour l’étape du jour.

Superbes images encore Nicolas, tu es devenu un spécialiste du paysage et dans ce cas là brume et les nuages rajoutent un plus à la photo et toujours de belles rencontres avec les gardiens de refuge c’est une ambiance vraiment sympa !
Magnifiques photos, magnifiques myrtilles, magnifique animal mort dans cette assiette !!