[HRP2021] Jour 17 : Lac du Milieu – Plan d’Aigualluts

Date : mardi 17 août

Ce fut probablement ma meilleure nuit jusqu’à présent. Clairement, il n’a pas fait chaud du tout à 2500m d’altitude : j’ai senti qu’il faisait froid, mais je n’ai pas eu froid, grâce à mon super duvet et au sursac, qui ont fait leur boulot à merveille.

Je me réveille avant mon réveil, vers 6h30, plus du tout fatigué. Peut-être vais-je enfin pouvoir partir avant 8h !

Eh bien oui, mais de justesse. Le temps de prendre mon petit-dej et de tout replier, je débute cette journée à 7h45, pour une montée encore dans l’ombre des montagnes.

J’entends du bruit dans les pierriers, des pierres qui tombent… Je ne vois rien au départ, puis je repère le groupe d’isards qui court sans se soucier du terrain : ça a l’air plus facile pour eux que pour moi.

J’arrive ensuite à un col, où je rencontre deux jeunes de mon âge, qui font aussi la HRP : Axel et Antoine.

Comme la plupart des personnes rencontrées sur cette HRP, ils sont partis à peu près en même temps que moi, et pourtant je ne les rencontre que maintenant. Eux me disent qu’ils ont croisé très peu de monde faisant le même trajet.

Nous faisons le début de descente ensemble, puis je les perds, m’arrêtant toutes les deux minutes pour faire des photos, tant le paysage est sublime.

En plus des lacs, on retrouve une superbe mer de nuages, qui s’étend à l’horizon.

J’arrive ensuite au lac et au refuge du Portillon, où je retrouve Axel et Antoine. Il est 11h, ils ont commandé chacun une omelette. Pour ma part, je demande s’il est encore possible d’avoir un petit-dej.

Le refuge me confirme que oui, et j’ai donc droit à mon bol de café, puis à un bol de lait froid, des céréales, du pain, de la confiture de fraises, du beurre…

Je ne repars que vers 12h30, Axel et Antoine étant repartis depuis une demi heure. Ils ont pour objectif de planter la tente ce soir au Plan d’Aigualluts, côté espagnol.

Je poursuis donc la montée, en admirant de temps en temps le Lac du Portillon, derrière moi.

Ensuite, pas le choix, il faut marcher sur la neige et la glace, jusqu’au Col Inférieur de Litérole, qui signe le retour en Espagne.

On ne va pas s’en plaindre, profitons de la neige tant qu’elle existe encore 🙂

Du col, la vue est superbe : de nouveaux lacs, chacun de différentes nuances de bleu. Ensuite il faut faire très attention pour descendre, la pente est très raide, il ne faut pas glisser. Encore une fois, dans ce genre de situation, les bâtons sont quasi indispensables.

Je poursuis dans un décor toujours superbe, naviguant de rocher en rocher, puis je débute la descente, en perdant le chemin dans le pierrier. Pas très grave, le principal est de connaître plus ou moins la direction ! Pour cela il suffit de se repérer par rapport à la carte, aux courbes de niveau, et à la position des points culminants autour.

Après une bonne désescalade (où les mains furent mises à contribution), j’arrive dans la Vallée de Remune, plus verte, et je longe le torrent pour continuer à descendre.

Peu avant 19h, j’arrive à la Besurta, petit bar/café : j’y prends un demi de bière-citron, bien rafraîchissant.

Je remarque à ce moment là que je n’ai rien mangé depuis le petit déjeuner de 11h ce matin, pas même une barre céréales. Je n’ai pas de sensation de faim pour l’instant.

Un homme fait une remarque en espagnol à propos de ma bière : « sorry I don’t speak spanish ». Il me répond que ce n’est pas grave : il est lui-même anglais !

Nous discutons quelques minutes. Dan (c’est son nom) était venu faire l’Aneto (point culminant des Pyrénées), il est venu en vélo jusque là… Mais a perdu ses crampons sur le trajet.

Les crampons étant obligatoires pour l’Aneto, il attend de trouver une solution, et profite également des bières de la Besurta pendant ce temps.

Ensuite j’avance vite, sur un vrai chemin (pas de risque de se perdre) au milieu de prairies principalement, sur du plat. Peut-être vais-je retrouver Axel et Antoine pour le bivouac ?

J’arrive à 20h au Plan d’Aigualluts. Je me mets sur un point en hauteur et essaie de repérer une tente… Je n’en vois pas. Il y a un petit coin d’arbres à un endroit, je me dis qu’ils sont peut-être cachés là-bas, je m’y dirige donc.

Et je tombe sur une tente, mais c’est celle de Nicolas ! Je m’installe donc à côté, et je monte le tarp cette fois, car il fait très froid, avec un vent bien glacial.

Pendant que je prépare mon repas, nous discutons de nos journées respectives depuis que l’on s’est séparés à la cabane d’Anescruzes.
Il me montre les photos (superbes) depuis le Pic de Perdiguere, au coucher puis au lever du soleil.
Il a mal à une cheville depuis une semaine environ, il s’est donc arrêté aujourd’hui à 16h : c’est pour ça que je l’ai rattrapé ici.

Salardu serait environ à 2 jours de marche, donc je devrais avoir assez à manger jusque là (il s’agit du prochain ravitaillement)

Bilan de la journée : 27km

3 commentaires

  1. Tu nous a gâté Nicolas, tes photos sont superbes et tes récits toujours aussi captivants. Bon courage pour la suite et merci. 👍👍👍

  2. Ouah Nicolas quelle étape encore avec de sublimes paysages et ce dégradé de bleu vert dans l’enfilade des lacs vraiment étonnant…
    Les Pyrénées sont magiques !!! Dommage pour le peu de faune…

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