Date : Jeudi 19 août
Ce bon choix d’emplacement de bivouac la veille me permet d’assister au lever du soleil sur le Lac de Mar, le tout assis au chaud dans mon duvet, comme sur un balcon en hauteur…


Je pars vers 8h30, et très vite j’épuise ma réserve d’eau, sans toutefois m’en inquiéter : le lac approche, il fait frais en ce début de matinée, et je n’ai que de la descente jusqu’au lac.

Par contre, cette descente est très difficile pour les genoux, principalement pour le gauche. J’avais déjà quelques douleurs principalement en fin de journée, mais très largement supportable. Je crois qu’il s’agit là de ma première descente en début de journée, et les genoux n’apprécient pas.

Je marche comme une petite grand-mère pendant quelques temps, les descentes de rochers étant particulièrement difficiles. Encore une fois, les bâtons aident bien, et font presque office de béquilles.
Une fois le corps échauffé, tout va mieux, la douleur est partie. J’arrive au lac à 9h, je fais le plein d’eau, et une bonne toilette / lessive.

Après cette pause de 30 minutes, je me dirige vers le Refuge de la Restanca, toujours en plat et descente, en longeant le Lac de Mar pendant un moment.

J’arrive au refuge vers 10h30, je m’y arrête pour un grand café et des madeleines, ainsi que pour recharger mon téléphone à 100%.
Je discute au passage avec un couple de français et leurs deux enfants, qui sont venus faire le tour des lacs. Eux aussi se méfient de la météo : un orage est prévu en fin de journée…

Après cette nouvelle pause, je repars jusqu’au Col de Uelhicrestada, et la suite promet d’être plus calme : descente et plat principalement, entre les lacs. C’est le début de ma variante « hors topo ».


Je passe par le refuge Ventosa i Calvell, vers 13h30 : j’y déguste une part de quiche-oignons-salade, une bière et un café.

Je repars vers 14h… L’orage se fait déjà entendre au loin. Le ciel est également plus couvert. Puis ce sont les gouttes de pluie qui arrivent. Je me dépêche donc d’atteindre le Col de Colomers, qu’il était nécessaire que je passe avant de prendre une décision sur la suite du trajet.

Il pleut par intermittence, le ciel n’augure rien de bon, l’orage se fait toujours entendre : je décide d’abréger ma variante, après avoir fait un peu plus de la moitié. Cela tombe bien, je suis à un point où je peux directement redescendre en direction du refuge de Colomers, et ainsi retrouver l’itinéraire topo « officiel ».


J’arrive au refuge avant 17h30, et continue dans la descente. L’orage semble s’être calmé, et il ne pleut plus.

Dans la descente, je suis un couple d’espagnols. À un moment, la femme dit quelque chose (en espagnol)… Puis les deux s’arrêtent et se retournent. Je comprends que c’est à moi qu’elle s’adressait, et ressors donc l’habituel « sorry I don’t speak spanish ».

Ils me demandent d’où je viens, car ils m’avaient vu au refuge Ventosa i Calvell. Effectivement je me rappelle maintenant les y avoir croisés. Ils me demandent également si je compte prendre le bus ou le taxi… Eh bien, je vais à pied jusqu’à Salardu.
Le chemin passe ensuite au milieu des pins, dans un décor bien agréable. Je croise même le chemin d’un écureuil.

Peu de temps après le couple d’espagnols de tout à l’heure me dépasse en courant. Je leur demande s’ils doivent prendre le bus, ils me répondent que oui, je leur souhaite bonne chance.

J’arrive vers 19h à Banh de Tredos, où se trouve un parking… Et où le couple d’espagnols rangent leurs affaires… Dans une voiture. Je ne comprends pas trop, sachant qu’ils couraient bien comme des gens qui vont louper un bus, et non pour le simple plaisir de courir. Ainsi soit-il. Ils me demandent si je veux de l’aide, éventuellement pour me déposer quelque part.
Je les remercie, mais je vais continuer en marchant. Je suis suffisamment en forme, je ne vais pas tricher aujourd’hui (il me restera un éventuel joker pour plus tard)

C’est donc parti pour 7.5km de route environ.
Je m’octroie le téléchargement d’une et une seule musique pour passer ce temps de route. (car je n’ai aucune musique hors-ligne sur ce téléphone)
Ce sera donc D.A.N.C.E de Justice, qui me rappelera ma jeunesse (jadis), et qui me semble parfaite pour marcher.

Je passe ensuite par le joli petit village de Tredos, où coule une petite rivière, le Rio Garona… Oui, il s’agit effectivement de la Garonne, qui prend sa source en Espagne.
Enfin arrivé à Salardu, peu après 20h, je retrouve Nicolas, sur le lieu du campement, entre le torrent et un terrain de jeux pour enfants. Il est avec Quentin, nouvelle rencontre, qui fait également la HRP.
J’abandonne mon sac ici et me dépêche de retourner dans le centre de Salardu, où se trouvent également Antoine et Axel, afin de commander une pizza.
Je récupère une pizza végétarienne (encore ! Les légumes me manquent), et je file retourner au campement, alors que la pluie commence à tomber.
J’installe le tarp en vitesse. Quentin me dit que c’est la première fois qu’il voit un tarp dans lequel il accepterait de dormir ! C’est vrai qu’il est plutôt confortable et spacieux, ce tarp.
Apparemment l’unique épicerie de Salardu n’est pas top du tout : pas de purée, pas de semoule, globalement pas grand chose. On verra ça demain…
Bilan de la journée : 36km

Super ce lever de soleil sur le lac on avait eu le droit au coucher de soleil à l’étape précédente, les jolies vues sur les hauts sommets environnants sont vraiment superbes, encore une bien jolie étape… maintenant il faut essayer de ménager ton genou pour qu’il tienne jusqu’au bout !
Superbe encore et toujours ! Je me disais bien que jusqu’ici il n’y avait pas l’air de beaucoup pleuvoir ou y avoir d’orage, j’ai été entendu !