
Date : lundi 10 août 2020
Nous levons le camp vers 08h30 sous le soleil pour l’instant, pour une nouvelle étape entre deux lacs, finalement raccourcie pour cause de mauvais temps. Moi qui pensais qu’il faisait toujours beau dans le Sud…
Nous atteignons le Col du Barn (2452m) peu avant 9h puis redescendons dans le vallon du même nom, où nous retrouvons la végétation beaucoup plus présente en dessous de 2000m d’altitude.

Nous longeons ensuite le Vallon de Mollières (aucun rapport avec le comédien) puis le Vallon de Salèse, principalement sur du plat puis de la descente.
Après avoir fait une bonne portion de route peu passionnante, nous arrivons au dessus du Lac du Boréon.
Nous faisons une pause sandwich à côté du Gite du Boréon, fermé à notre grand désarroi.

Nous poursuivons ensuite par une montée progressive en forêt, alors que le temps devient de plus en plus incertain. Nous hésitons à faire un détour par le Refuge de Cougourde, mais nous continuons tout de même sur le tracé classique. La pluie commence à tomber peu après, nous croisons des dizaines de personnes qui pressent le pas dans le sens inverse… Puis l’orage fait son apparition.
Un gardien du parc, qui se dirige vers le Refuge, nous intime de poser le campement au Lac de Trécolpas et de ne pas aller plus loin. Nous nous dépêchons d’atteindre le lac, déjà trempés, et c’est alors que j’ai le bonheur de connaître pour la première fois l’expérience de monter le tarp en vitesse sous une pluie torrentielle.
Pour ajouter à la joie, il faut imaginer un terrain avec de multiples trous, également parsemé de rochers et de bouses de vaches (et avec tout autant de rochers enfouis).
Je pose la toile tant bien que mal, après avoir planté les piquets à des dizaines d’endroits différents, me heurtant sans cesse à des cailloux, tout en me disant que vraiment, qui a pu avoir l’idée stupide de faire cette Grande Traversée des Alpes…
La pluie persiste, le tarp est à moitié monté mais suffisamment pour me protéger, il est environ 16h…
J’enfile des vêtements à peu près secs et m’enfouis dans mon duvet lui-même protégé par le sursac imperméable.
En quelques minutes, je suis réchauffé et je m’endors quasiment instantanément. (que peut-on faire d’autre?)

Le réveil se fait vers 18h30, sous un temps un peu plus calme : la pluie a cessé.
Je découvre que Maxime et Francis ont également profité d’une bonne sieste, malgré l’absence de concertation à ce sujet.

Le Lac de Trécolpas est désormais visible. Nous profitons de l’absence de pluie pour étendre les affaires trempées sur les rochers, et confectionner le repas.
Semoule froide, saucisson, tomme de montagne, pain, pain d’épices, carrés de chocolat, muesli… tout y passe. Il faut croire que la pluie amène la faim, et je dois me retenir pour ne pas dilapider mes réserves.
Bien entendu la pluie revient pendant le repas, qui se termine donc au chaud sous le tarp.

Plus tard dans la soirée, quelques chamois viennent nous souhaiter une bonne soirée à quelques mètres du campement…

J’aurais retenu de cette journée que malgré la grande négativité que l’on peut avoir lors d’un moment comme ce montage de tarp sous la pluie et le froid, cela ne reste qu’un court instant d’une journée, et d’une traversée. Il s’agit d’ailleurs d’un mauvais moment lorsqu’il est vécu, mais il devient assez vite un bon souvenir… (ou a minima une bonne expérience)
Cela aura également prouvé la praticité de mon matériel. Le tarp a pu être monté (du moins en partie) plutôt rapidement (il s’agit d’une simple toile posée sur deux bâtons…) ce qui a permis dans un premier temps de poser mon sac à dos et toutes mes affaires à l’abri, au sec, pendant que je poursuivais le reste du montage.

Demain, direction la Vallée des Merveilles pour une superbe journée et une grosse étape.
Bilan de la journée : 21km
Cumulé : environ 639km
