Date : vendredi 6 août
La nuit a alterné entre pluie et brouillard très compact avec du vent : la tente est trempée, l’extérieur du sursac imperméable également, avec la condensation.

Difficile donc de se lever, d’autant que le brouillard est encore présent.
Je prends donc mon petit-dej allongé sous le tarp.
Peter et Ahmed sont encore dans leurs tentes.
Nous partons seulement vers 10h, en profitant d’une légère accalmie. Je profite tout de même une nouvelle fois de mon parapluie.
Nous faisons une pause quelques mètres plus loin dans un abri, avec un couple germano-canadien. La fille (canadienne) a le même sac à dos que moi, mais un peu plus utilisé : elle dit qu’il a déjà vécu quelques milliers de km.
Après discussion avec eux, tout le monde convient qu’il serait probablement dangereux d’emprunter l’itinéraire normal de la HRP à venir, qui passe par une crête abrupte pour se rendre au Pic d’Orhy. Le couple part donc peu avant nous en prenant une variante sur la droite du pic, par le GRT11 côté espagnol, et nous faisons de même avec Peter peu après.
Au milieu du brouillard, je me fais un nouvel ami, un petit chiot qui attendait quelqu’un pour jouer.


Alors que nous poursuivons sur le GRT11, le temps commence à s’améliorer et le soleil à se lever. Je décide donc de finalement reprendre la direction du Pic d’Orhy, car il existe un autre chemin qui y mène, en évitant toute la première partie de crête. Je me sépare donc de Peter, en sachant que je vais probablement le recroiser ensuite puisque les chemins se rejoindront.

J’arrive au Pic d’Orhy avant 13h. Le chemin a été raide mais pas dangereux. En haut, beaucoup d’espagnols, et Ahmed qui arrive à ce moment là : il est passé lui par l’itinéraire normal, par les crêtes. Il me dit que ce n’était pas si dangereux, il fallait juste faire attention à un moment, au passage d’une brèche, pour choisir le bon côté et ne pas se retrouver coincé ensuite.

Depuis le Pic d’Orhy le contraste est impressionnant : grand soleil côté espagnol, brouillard et nuages côté français. Beaucoup de vent en Espagne, ce qui bloque donc ce brouillard.

Je redescends ensuite la crête pour arriver au Col de Larrau vers 13h30.
Le chemin, plutôt côté espagnol, suit la frontière, mais de temps en temps le brouillard côté français fait office de brumisateur, ce qui est bien rafraîchissant.

Je retrouve Peter après un moment, et nous devons ensuite repasser côté français, direction le mauvais temps donc. Nous descendons en suivant une rivière à sec, sans réel chemin. Nous arrivons ensuite à une bergerie où l’on récupère de l’eau, puis nous atteignons la Cabane d’Ardané vers 16h.

Nous faisons là une grosse pause, et le soleil revient par intermittence : dehors mon tapis de sol et mon tarp sèchent, le panneau solaire charge la batterie externe.
Peter me fait 2 cafés, un en arrivant et un en repartant. Entre les deux arrive un groupe de 3 français et françaises qui font une bonne partie de la HRP (3 semaines) mais dans l’autre sens. Ils ne dorment que dans des refuges ou gîtes, ils vont donc dormir dans la cabane ce soir. Ahmed arrive également et s’arrête ici aussi pour aujourd’hui. Peter et moi repartons vers 18h pour essayer de gagner quelques kilomètres.
Le temps s’améliore au fur et à mesure que nous nous rapprochons de nouveau du côté espagnol. Quelques arcs en ciel plus ou moins nuageux font leur apparition.

Nous croisons un agneau, très jeune, éloigné de son troupeau. Il s’approche de nous, nous essayons de le faire fuir pour qu’il rejoigne ses congénères au loin.
Nous arrivons ensuite vers 20h à un endroit un peu plat, après 23.5km annoncés.

Je goûte l’un des plats lyophilisés de Peter : pâtes et champignons, pas mauvais du tout.
Il a un système de réchaud avec alcool qui semble plutôt pratique, efficace, et prend moins de place qu’un réchaud à gaz. Je ne pense pas que cela suffira à me convaincre d’en emporter un pour la prochaine fois, mais je reconnais qu’un plat chaud est agréable !

Ah Nicolas encore une superbe étape et quelles photos qui collent tellement bien à tes commentaires c’est tellement tranché cette brume côté français et le soleil côté espagnol et tes photos sont magnifiques et je suis jaloux…bon courage pour la suite et un grand merci pour tout ces récits !
J’espère que tu as gardé le petit chiot ??
+1 pour Flo on veut le retour du chiot