[HRP2021] Jour 29 : Col du Géant – Lac des Cortalets

Date : dimanche 29 août

Dès 7h, le soleil est là ! Quel avantage d’être sur un col, la vue et la lumière du matin sont magnifiques ! Encore une fois, je ne regrette pas le choix du tarp.

Cela dit, il fait toujours superbement froid, et le vent, violent, n’arrange pas les choses.

Je m’emmitoufle dans mon duvet pour le petit-déjeuner, et attends un peu avant de ranger progressivement mes affaires, en terminant par le tarp.

Je pars finalement vers 9h, bien couvert, avec pour paysage une sublime mer de nuages, jusqu’à l’horizon.

Depuis la veille, je croisais de petits drapeaux plantés un peu partout sur mon chemin. Je comprends pourquoi, en voyant arriver des centaines de coureurs, à l’opposé de ma direction. Un trail par ce froid et ce vent, il faut être motivé !

J’aperçois également beaucoup plus bas le refuge Ull de Ter, que j’ai donc évité grâce aux conseils des deux personnes la veille. Je ne sais pas si j’ai évité beaucoup de dénivelé, étant donné que le chemin de crêtes ne faisait que descendre puis remonter, mais le paysage était bien plus joli qu’en bas, où se situe une route et des parkings.

J’arrive à la Portella de Morens vers 10h30, et s’en suivront plus de 16 kilomètres assez peu passionnants après les crêtes : uniquement des collines, le chemin est relativement plat, la vue est dégagée.
Seul un chien accompagnant deux jeunes femmes viendra troubler joyeusement ma route, faisant régulièrement des allers retours entre ses maitres et moi.

Un peu lassé par ce chemin, je fais une pause avant le petit sommet nommé « La Mort de l’Escoula », jusqu’à 12h30.

Après avoir croisé quelques chevaux, je tombe sur un troupeau de moutons et le patou qui les accompagne, et qui m’aboie dessus à distance.
Les moutons, les collines dégagées et le ciel gris donnent un petit air d’Écosse (surtout le ciel gris).

Avant 16h, j’arrive finalement au Refuge de Mariaillle, où je m’accorde une pause repas (du midi?) : fromage, saucisson, pain, et 33cl d’une délicieuse bière rousse locale, Cap d’Ona.
Puis un grand café, bien entendu.
Je vois également que le refuge vend habituellement du pain, mais malheureusement, ils n’en ont plus pour cette fois.

Je repars vers 17h, après avoir complètement rechargé mes batteries, aussi bien au sens propre que figuré.

Pendant ma pause, j’en ai profité pour réfléchir à la suite de la journée, qui va connaitre un « obstacle » sur son parcours : le Pic du Canigou, célèbre sommet de 2785m d’altitude. Soit 1000m de dénivelé et plus de 10km qui m’attendent, à cette heure tardive.

Mon topo-guide m’indique 2h de marche jusqu’à la Cabane Arago, puis encore 2h jusqu’au Pic du Canigou, et enfin 1h20 supplémentaires pour aller jusqu’au Refuge des Cortalets, de l’autre côté.

Il est 17h, on m’annonce 4h de marche jusqu’au Canigou, et environ 5h jusqu’au prochain bivouac, je décide donc d’aller tout d’abord rapidement jusqu’à la Cabane Arago et de décider sur place si je tente le Pic ou si je le remets au lendemain.

Et j’avance en effet vite, je suis en pleine forme, enthousiaste, sans plus une once de lassitude. Merci la Cap d’Ona ?

J’arrive à 18h à la Cabane Arago, soit un temps tout à fait raisonnable. La cabane est peuplée, ce qui est un deuxième argument à la poursuite de mon trajet !

Un peu plus tard, je croise deux jeunes femmes qui reviennent du Canigou.
Je leur demande s’il y a une source d’eau sur le chemin, elles me confirment que oui, et qu’il y a aussi des vaches « super sympas », y compris un veau qui n’est pas farouche.
Elles me souhaitent bon courage, et pour bien terminer, l’une des deux me dit « j’adore ta casquette »…

Je débute tranquillement la montée, puis j’attaque la « cheminée » vers 19h30.
La cheminée étant cet sorte d’escalier vertical, creusé à la dynamite en 1896. J’en avais entendu parler comme d’un passage assez technique, mais cela passe en fait sans aucun problème (par beau temps).
Bien moins dangereux en tout cas que certains passages précédents, comme par exemple le Tuc de Molières.

La cheminée du Canigou

Quinze minutes plus tard, je suis au sommet du Canigou, avec la très bonne surprise d’être seul à cet endroit peuplé en continu en pleine journée.

Le topo-guide indiquait « Vous ne serez probablement pas la seule personne sur ce sommet, qui offre des vues massives sur les Pyrénées orientales et la mer Méditerranée. »

Je suis donc ravi de mon choix de poursuivre ce soir, et d’être seul sur ce dernier « vrai » sommet de la HRP, avec le soleil qui va bientôt se coucher. Finalement, randonner tard n’est peut-être pas un mauvais choix ! (du moins, quand on évite les orages)

L’éclairage est superbe, et c’est avec joie que je découvre la Méditerranée, au loin, mais plus si loin après ces 29 jours de marche.

En arrière-plan, la mer!

Je reste un petit moment au sommet, puis le froid s’installe, je redescends donc en trottinant jusqu’au prochain endroit plat.

La nuit commence doucement à tomber, et les lumières des villes s’allument progressivement, plus bas dans la vallée.
Alors que je cours, je me retrouvez nez-à-nez avec une vache en plein milieu du chemin. Cachée par un arbre, je manque de peu le choc frontal. (Ceci est un message de la sécurité routière)

J’arrive sain et sauf jusqu’à un lac, peu avant le Refuge des Cortalets. Je plante le tarp dans les environs, vers 21h.

Demain, j’aurai le droit à un vrai petit-dej !

Bilan de la journée : 36km

2 commentaires

  1. Beaucoup de kms et de dénivelés des paysages toujours superbes… mais heureusement qu’il n’y avait pas de contrôle antidopage… encore un joli récit bien illustré par de belles photos. Merci Nicolas !

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