Date : dimanche 14 juillet 2024
J’avais programmé le réveil à 8h mais je somnole vers 6h30 et me lève finalement à 7h.
Le soleil chauffe déjà bien dans mon tarp (j’avais placé l’ouverture côté lever de soleil), l’emplacement était idéal, et le tarp est vite sec. Je ne regrette pas d’avoir poussé ma route jusque-là hier.
Je découvre la vue depuis mon bivouac, celle-ci étant plutôt sombre lorsque je suis arrivé la veille à 22h.

Je replie mon tarp tout en faisant attention pour éviter qu’il ne s’envole : il y a beaucoup de vent ce matin.
Plus bas au col, une bergère accompagne ses chèvres, et un peu plus loin un trailer grimpe un petit sommet.
Je pars vers 8h, tout en admirant la vue sur le Lac Léman. Au programme ce matin, la montée vers le Refuge de la Dent d’Oche, pour le petit-déjeuner, puis l’ascension du sommet du même nom (pour les plus lents d’entre vous, non, le sommet ne s’appelle pas « Petit-Déjeuner » mais « Dent d’Oche »)

Je pars donc le ventre vide, en me disant que je ferai une pause avant le refuge si jamais la faim est irrésistible.
J’avance plutôt bien, assez étonné de ne pas beaucoup ressentir le poids du sac, pourtant assez chargé en nourriture et en eau.
Une petite source coule au début de la montée, mais je n’ai pas besoin de m’en approcher.
Je pensais que le chemin allait être plus compliqué, mais cela se passe facilement. Des chaînes permettent de s’assurer, et à certains endroits un peu raides permettent de se hisser vers le haut.
Je croise en tout cas une maman et sa petite fille, ce n’est donc pas si compliqué.
Un passage est un peu étroit entre les rochers, le sac frotte sur les côtés, mais ça passe, je ne suis pas obligé se faire demi-tour pour rentrer chez moi, ce qui serait quelque peu dommage.
Je croise mon premier bouquetin, juste en dessous du refuge, qui semble observer le Lac Léman. J’arrive à 9h30, il y a un peu plus de monde mais c’est plutôt calme.
Je commande un chocolat chaud pour accompagner mon muesli… Puis une crêpe pâte à tartiner maison, et un petit café.

Le premier refuge, mais probablement pas le dernier.
Je repars 45 minutes après, le ventre plein, pour gravir la Dent d’Oche. Il faut faire un peu attention à ne pas glisser sur les rochers (ce passage est probablement plus complexe par temps de pluie), mais la difficulté est relative. J’arrive au sommet peu de temps après, et je n’y reste guère, comme souvent sur les sommets les humains s’agglutinent. Je fais quelques photos puis je poursuis mon chemin en descente. Après avoir croisé de nombreux bouquetins supplémentaires, qui se promènent sur les chemins au milieu des randonneurs, je croise un couple qui me demande comment est le chemin de l’autre côté. Je leur dis que cela n’est pas très compliqué, peut-être un peu moins qu’ici, même si je l’ai fait en montée et il est toujours plus simple de monter que de descendre.
Ils n’ont pas l’air d’être beaucoup plus avancés, alors je leur dis en rigolant de ne pas hésiter à poser la question à d’autres personnes pour avoir des avis différents, le gars me répond qu’ils vont faire des stats.

Je poursuis ma route (croisant toujours des bouquetins ici et là), croise des Allemands qui me laissent passer, et que je remercie de mon plus beau « Danke Schön » (qui a dû être compris puisque l’on me répond « Bitte » (« de rien »))

J’arrive au Col de Planchamp (j’y fais un petit détour pour apprécier la vue sur le Lac), j’en suis déjà à une bonne dizaine de bouquetins rencontrés depuis ce matin.
Je poursuis jusqu’au Col de Bise, où j’arrive vers 13h20 : il y a plus de monde par ici, et notamment des randonneurs qui parcourent la GTA, celle-ci passant par le col pour redescendre vers les Chalets de Bise. De mon côté, je ne fais que croiser leur chemin, et poursuis sur l’arête jusqu’à une petite vallée (Les Crosets), côté Suisse, où je fais ma pause repas, vers 14h30.
Je continue ensuite en direction des Cornettes de Bise, il y a encore un peu de neige en hauteur.

Je monte dans le pierrier, puis je passe le passage enneigé facilement, du moins en montée et avec des bâtons.
J’arrive finalement au Pas de Chaudin vers 16h30, ce qui signe la dernière montée pour aujourd’hui.
Ensuite c’est une longue descente jusqu’aux Chalets de Chevenne, que je dépasse pour aller bivouaquer au plus près de La Chapelle d’Abondance, ville où je prévois de prendre mon petit-déjeuner et faire un premier ravitaillement.

Un groupe de tentes est rassemblé à côté de tables de pique-nique. J’hésite à m’ajouter, je ne sais pas s’il y aura des places de bivouac plus loin.
Je suis un peu trop fatigué pour socialiser ce soir, je continue donc et après un nouveau groupe de tentes, je trouve un endroit parfait juste à côté de la rivière un peu plus loin : le terrain est plat, et il n y a personne.
Il est 18h, (soit très tôt pour moi) et après quelques étirements, je vais récupérer de l’eau dans ma petite bassine pliante ultra légère afin de prendre ma douche.
C’est ensuite le tour de la lessive, puis j’aperçois quelques fraises des bois et m’en vais cueillir mon dessert.
Je fais un bon repas, étant donné que je pourrai me ravitailler demain. J’ai une rivière à côté, donc ce soir c’est purée (car cela demande pas mal d’eau).
Les fraises sont délicieuses, même si un petit formage blanc à côté n’aurait pas été de refus.

Je prépare ensuite le bivouac, je suis assez bas en altitude, il fait donc chaud et il n y a pas de pluie prévue, je ne plante pas le tarp et je dormirai à la belle étoile, sous un sapin.

Bilan de la journée : 21km

Une belle étape Nicolas, avec toujours de jolies photos qui donnent envie, mais ce sont les moyens qui manquent… Joli Lys Martagon, les bouquetins, et les fraises pour finir, et aussi les paysages dont on ne se lasse jamais !
Bon courage pour la suite .