Date : lundi 15 juillet 2024
Une fois de plus, je me réveille avant mon réveil. Tel un animal sauvage, mon instinct doit probablement me dicter qu’il est l’heure d’aller se nourrir. Pas tellement enjoué à l’idée de traquer le sanglier, je songe plutôt aux viennoiseries qui m’attendent à La Chapelle d’Abondance.

Je décolle à 7h30, et arrive à 8h en ville, pile à l’heure d’ouverture de l’épicerie Proxi, où j’achète 2 tablettes de chocolat, environ 400gr de fromage d’Abondance, et 500gr de muesli chocolat.
Je vais ensuite à la boulangerie juste à côté, ou j’achète 2 croissants, 2 pains au chocolat, et du pain qui devrait tenir correctement plusieurs jours dans le sac.
Je déguste les viennoiseries avec un bon chocolat chaud, puis je commande un café et discute un bon moment avec Cécile et Guillaume : Cécile a débuté la GTA à Menton (dans l’autre sens donc), et son frère l’accompagne pour une partie du trajet. Nous discutons nourriture, météo, matériel rando…
Après une petite photo souvenir, je récupère le nom de sa chaîne YouTube où elle poste les vidéos de ses périples.
Je décolle vers 9h30, et très vite le soleil tape. Je croise assez peu de monde jusqu’au Refuge de Trebentaz, ce qui est peu étonnant car il s’agit d’une variante de la GTA.

J’arrive au refuge vers 12h15 et commande ma première bière locale de la traversée, sachant que celle-ci me boostera pour la suite.
Je discute un peu avec l’une des gardiennes du refuge, qui me pose des questions sur mon matériel et mon trajet.
Elle me confirme ce que j’avais vu en ville, de la pluie et des orages sont prévus en fin de journée. Elle me conseille également un site Internet Suisse apparemment très fiable pour la météo et qui affiche un radar de pluie en direct (search.ch)
Après mon repas, je commande une part de tarte aux myrtilles, délicieuse, accompagnée d’un petit café.

J’en profite également pour dire bonjour à Alice, jeune gardienne du refuge, et surtout lui transmettre le bonjour de sa maman 😊
Celle-ci avait laissé un commentaire sur un groupe Facebook sur la Traversée des Alpes, invitant à passer le bonjour à sa fille. Visiblement, j’étais le premier !
Je remplis un peu ma bouteille et repars vers 13h30.
Après une montée jusqu’au Col des Mattes, vite expédiée, je m’arrête peu et avance efficacement en descente (et en plein soleil), jusqu’au Col de Bassachaux, où j’arrive à 16h.
Le Col étant un passage commun à la GTA, je m’y étais arrêté 4 ans auparavant pour un jus d’abricot et une crêpe. Cette fois, plus raisonnable, je me contenterai d’un jus d’abricot.
1h après, je reprends la route, le temps se couvrant un peu.

Je discute un peu avec un Suisse déjà croisé dans la journée : il fait la GTA, et va s’arrêter au refuge de Chésery au vu des prévisions météorologiques de début de soirée. Je lui dis que je vais essayer de continuer à avancer, la pluie étant prévue vers 20h. Je sais qu’il y a plusieurs endroits où le bivouac est possible sur le parcours, avant de monter sur l’arrête.
Après être monté jusqu’au Col de Chésery, je quitte le tracé commun à la GTA et récupère celui de la Trans’Alpes : le chemin redescend de 200m, pour ensuite… remonter de près de 300m.
Le chemin n’est pas spécialement passionnant, il s’agit d’une piste bordée de télésièges. Au moins, c’est facile, et il n y a plus de soleil, je ne suis donc pas en train de cuire.
Arrivé au dernier ruisseau, je remplis complètement ma bouteille, il n’y aura pas d’eau pendant un moment ensuite, et j’en aurai d’autant plus besoin si je m’arrête bivouaquer en chemin.
Je monte rapidement, jusqu’au Pas (ou Col) de Cuboré.
La vue sur les Dents du midi, au milieu des nuages, est superbe. Je regarde le ciel autour de moi pour essayer de jauger le temps d’attente avant les premières pluies.

La suite du chemin consistant en 200m de dénivelé assez raide, et la sensation de faim arrivant, je fais une petite pause goûter (à 19h) en admirant le paysage.
Après cette courte pause, je regarde de nouveau le ciel, qui semble conciliant. Je regarde la carte, passé cette montée, le chemin redescend un peu et il y a l’air d’y avoir du plat. Ensuite le reste du chemin reste à 2100-2200m un bon moment. Je me dis donc que je pourrai bivouaquer de l’autre côté de cette montée s’il se met à pleuvoir.
Je m’élance donc, et 10m plus loin, je reçois une première goutte, puis une deuxième. Au niveau météo, je ne sais pas si je ferai de nouveau confiance en mes ressentis.
Je trottine donc dans l’autre sens et reviens au col, où je plante mon tarp en 3 minutes dans un bel espace entouré de petites collines, ce qui devrait protéger un peu du vent.
Je prends tout de même le temps de monter le tarp dans le bon sens (en fonction du vent), et d’enfoncer les piquets suffisamment, en vue d’un potentiel orage.
Pas peu fier de ce montage bien exécuté, je prépare l’intérieur pour pouvoir profiter de la pluie de manière confortable.
Celle-ci ne se fait pas attendre, et est accompagnée du vent puis de l’orage. Je remercie le moi du passé pour ces piquets solidement ancrés, pendant que l’abri tangue de tous les côtés. À l’intérieur, je suis parfaitement au sec.

Après une petite heure et demie de tempête, tout redevient très calme.
Puis au cours de la soirée, pluie, orage, et vent reviennent plusieurs fois.
Je déguste un petit repas, n’ayant pas tellement faim après la pause goûter de 19h.
Vers 22h30, il se remet à pleuvoir de plus belle. Alors que j’observe les flaques, une grenouille saute à quelques centimètres de moi, comme tombée du ciel.

Il est l’heure de dormir, bercé par le doux bruit de la pluie frappant la toile de tente.
Arrivée : vers 19h30
Bilan de la journée : 26km

Encore une belle étape Nicolas et encore de belles rencontres, et tes articles sont toujours aussi passionnants on a l’impression de faire la rando… la douleur en moins quand même !!
Allez allez plus d’articles svp ! Merci pour ce récit et ces photos 🥰