[TA2024] Jour 8 : La Fouly – Malatrà Dèsot

Date : dimanche 21 juillet 2024

La nuit a été ponctuée, comme prévu, d’orage, de vent, et de beaucoup de pluie. Le tarp étant ouvert, j’ai pu un peu profiter du spectacle (et voir quelques personnes paniquées courir pour replanter un piquet ou déplacer une tente). Le tarp de son côté a bien tenu (ce qui n’est pas toujours le cas) et j’ai pu dormir convenablement.

Pas motivé pour replier les affaires sous la pluie, j’attends une accalmie et quitte le camping vers 9h.

De toute façon, les prévisions pour le reste de la journée ne sont pas meilleures, je pars ainsi dans l’idée de ne pas beaucoup avancer. 

Je passe dans le centre de La Fouly pour un petit ravitaillement : une tablette de chocolat, des Snickers, 2 croissants, un cake au chocolat. Je verse quelques larmes en payant le tarif Suisse, puis je prends mon petit-déj dans la foulée (foulée, Fouly, voilà voilà)

Je pars ensuite un peu avant 10h, en montée sous le ciel gris, et débute ma première pause peu de temps après au Gîte de la Léchère, avec un café, et même un café crème, car nous sommes en Suisse et toute calorie est bonne à prendre. Les propriétaires sont très sympas, et la dame me donne les dernières infos météo : pluie ininterrompue à partir de 12h pour globalement le reste de la journée.

Je lui dis que de mon côté j’avais même vu à partir de 11h, donc je compte essayer de passer le premier col rapidement, pour au moins éviter la pluie en montant.

Un panneau indique 2h20 jusqu’au col, je quitte le gîte vers 10h30, il se met à pleuvoir 20 minutes après. Bon. 

Je me protège contre le mur d’une écurie… Mais vu l’intensité de la pluie et le vent, ce n’est pas très efficace. Je constate en fait que l’écurie est vide, et les demi-portes peuvent s’ouvrir. Je deviens donc officiellement squatteur, et le lieu est étonnamment plutôt confortable, et propre.

Dehors l’orage se met à gronder, ce n’est définitivement pas le bon moment pour passer un col.

Je reste ainsi 3h dans mon nouveau logement temporaire, et après le repas de midi, je pars vers 13h30, il ne pleut que quelques gouttes. 

Je me doute que cela ne va pas durer, je vais donc aussi vite que possible dans la montée. 

Pour plus de plaisir, j’ai bien entendu le vent de face.

J’essaye de m’auto-persuader qu’il fera certainement beau de l’autre côté du col, puisque ce sera le passage en Italie.

C’est ensuite le brouillard qui arrive, alors que je marche dans la neige, le décor est donc blanc sur blanc. Merci la Suisse pour ce cadeau de départ…

Au milieu du brouillard, je croise un trailer qui a l’air de se demander ce que je fais là. Et toi donc, qui décide de faire ton trail par ce temps ? Moi je n’ai pas vraiment le choix…

Vu la quantité de neige, je chausse les crampons, dont je ne regrette pas l’achat.

J’arrive finalement au col vers 15h.

La Suisse, c’est donc fini (pour cette fois), adieu ton chocolat, tes tarifs onéreux, ton dimanche pluvieux, brumeux et venteux.

J’avance un peu et, très vite… Une éclaircie. Je vois le paysage Italien qui se dégage.

Finalement, ma prédiction était bonne, les nuages disparaissent et il y a même rapidement un beau soleil. Je descends donc dans la joie et la bonne humeur, dans la terre mouillée et glissante, qui se fera un plaisir de me faire tomber en arrière. Mon coude tape un rocher, rien de grave, je le trempe dans l’eau glacée du torrent et c’est reparti pour un tour.

Vu les nombreuses traces de glissade dans la terre, je me sens moins seul.

Plus bas, je croise deux personnes qui me parlent en Italien, ce qui me vaut mon premier « Sorry I don’t speak Italian » pour changer du « Sorry I don’t speak Spanish ».

Ils me demandent donc ensuite (en anglais) d’où je viens, je leur explique que j’arrive du Petit Col Ferret. Eux viennent du Grand Col Ferret.

Vers 16h, toujours sous le soleil, j’arrive au Refuge Elena, mon premier refuge Italien, que je dois bien entendu célébrer par une glace. Ce sera donc une glace artisanale à la fraise, délicieuse, et un café.

Je repars 30 minutes après, je suis de nouveau sur le tracé du Tour du Mont Blanc, il n y a donc pas de problème d’orientation. 

J’avance vite, pour rattraper un peu le non-avancement de ce matin, et j’arrive vers 19h au niveau de Malatrà Dèsot, où se trouvent des granges abandonnées, près du Refuge Walter Bonatti.

Il commence à pleuvoir de nouveau, alors je m’arrête là, sélectionne la grange la moins repoussante (qui est tout de même probablement la grange la plus repoussante dans laquelle j’ai dormi à ce jour)

Par ailleurs, si je peux éviter de monter le tarp, c’est du temps de gagné demain matin, et du confort en plus. En m’arrêtant là je pourrai également profiter du petit-déjeuner au refuge demain.

Je nettoie un peu les lieux avant de mettre en place mon lit, en le plaçant sous le peu de toit qui reste.

Demain je pourrai peut-être arriver dans la ville de Morgex aux alentours de 12h, pour ce soir je m’offre donc un gros repas, dans tous les cas il y aura ravitaillement demain.

2 commentaires

  1. Une étape dominée par le mauvais temps, même si tu as un pouvoir d’adaptation aux situations qui se présentent, les paysages sont toujours aussi beaux même avec le temps maussade…
    Bon courage pour la suite.

  2. Je disais avant que mon commentaire disparaisse automatiquement que tu avais eu un éclair de génie en acceptant l’achat des crampons !

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