[GTA2020] Jour 25 : Lac de Trecolpas – Baisse Cavaline

Date : mardi 11 août 2020

Une nouvelle superbe journée passée au milieu des lacs et des chamois, et avec l’arrivée dans la Vallée des Merveilles, qui porte bien son nom.
Il s’agit des derniers moments en haute montagne, avec les derniers passages à 2000m d’altitude. La fin de la traversée commence à sembler proche…

Les affaires trempées de la veille sont toujours aussi trempées, mais également un peu plus fraiches à 06h30 du matin. (un autre avantage du tarp : on peut faire sécher ses affaires sans tremper le sol de la tente … puisqu’il n y a pas de sol)

Une casquette se cache parmi ces affaires …

Après avoir enfilé les vêtements mouillés avec quelques difficultés, nous observons les chamois, toujours présents autour de nous, aux mêmes endroits que la veille.
Le tarp est posé sur le dessus du sac à dos, le reste des vêtements accrochés tout autour, dans l’attente du soleil pour finir de sécher le tout en marchant.

Le Lac de Trecolpas est tout aussi joli à mesure qu’on s’en éloigne, avec les changements de lumière qui modifient sa couleur et ses reflets, et l’ensemble du paysage, pendant que le soleil se lève.

Le Lac de Trecolpas
Le Lac de Trecolpas, un peu plus loin
Le Lac de Trecolpas, encore plus loin
Le Lac de Trecolpas, toujours plus loin

Après environ 250m de dénivelé, nous arrivons au Pas des Ladres (2448m d’altitude), et découvrons en descendant de nouveaux troupeaux de chamois, désormais plus nombreux que les marmottes.

Bon appétit

Après une courte étape au Refuge de la Madone de Fenestre… fermé bien entendu, nous passons par une superbe vallée aux environs de 2000m, parsemée de sapins et de rochers.
Ce doux paysage laisse vite place à un peu d’escalade dans les rochers, sans chemin très précis, mais avec tout de même quelques balisages.

Jeu de piste

Après avoir évité la mort une ou deux fois (merci les bâtons), j’arrive au Pas du Mont Colomb (2548m) avec les encouragements et les applaudissements d’un groupe de jeunes rassemblés en haut.

Alors que l’on pensait la haute montagne déjà derrière nous, on a retrouvé avec le Pas du Mont Colomb l’un des passages les plus délicats de la traversée.
Et on comprend mieux alors les difficultés dont nous parlaient certaines personnes ayant fait la traversée dans le sens inverse en partant début juillet… le tout enneigé et en plein brouillard.

Vue du Pas du Mont Colomb. Voyez-vous le chemin ? Moi non plus.

Nous repartons ensuite en descente abrupte, direction le Refuge de Nice, avec l’espoir d’y arriver assez tôt pour manger. Nous pressons donc le pas, et rencontrons davantage de monde de ce côté de la montagne.

Ce n’est pas le bon endroit pour doubler
Vue du Pas du Mont Colomb (côté Sud-Est)

Nous atteignons finalement le Refuge de Nice, aux abords du Lac de la Fous, vers 12h30… Cette fois c’est la bonne, le repas est encore possible.
J’étends le tarp sur une barrière pour finir le séchage au soleil, tant qu’il est encore là.
Nous nous informons sur la météo auprès de la gardienne (très sympa), et nous obtenons confirmation qu’il est plus que probable que nous subissions un orage. La question est de savoir quand… Nous pronostiquons aux environs de 14h, 15h.
En attendant, on reprend des calories, au milieu des poules qui divaguent à nos pieds.

Un vrai GRAND bol de café, et … une fameuse casquette
Daube niçoise et spaghettis

« Une tarte aux myrtilles ? » « oui, et supplément chantilly s’il vous plait »

Nous repartons peu avant 14h, sous un ciel beaucoup plus couvert, et avec déjà quelques gouttes qui tombent…

Le Refuge de Nice avec en arrière plan le Lac de la Fous

Francis accélère le pas pour éviter l’orage, Max est un peu retardé par les chamois près du Lac Niré, et moi encore plus (il faut bien que quelqu’un fasse les photos)

Le Lac Niré
De moins en moins sauvages…

Les paysages sont superbes, avec beaucoup de petits lacs et sur un terrain globalement plat. Le temps est toujours incertain, mais nous évitons pour l’instant la pluie.

Nous arrivons enfin à la Baisse du Basto, 2693m d’altitude, à la recherche du soleil derrière les nuages… Le ciel devient lui de plus en plus impressionnant, mélange de noir, de gris foncé, de blanc et de rouge orangé à l’horizon. Je range puis ressors mon appareil photo 2 ou 3 fois, en fonction de la quantité de gouttes qui commence à tomber, et de la beauté du paysage.

Nous retrouvons les chamois à quelques mètres de nous, peu après la Baisse du Basto, toujours aussi peu farouches. Il semble aussi inquiets de la météo que de notre présence.
De notre côté, nous réfléchissons grandement aux options de repli en cas d’orage : un gros rocher sous lequel s’abriter ? Monter le tarp en vitesse ? Continuer à randonner avec les vêtements de pluie ?

Le très grand Lac du Basto fait son apparition, aussi gris que le ciel, mais néanmoins superbe.

Le Lac du Basto

Nous redescendons un peu en direction du lac, à un endroit plat où plusieurs personnes ont planté leurs tentes. Nous restons là quelques temps en attendant de voir si la météo évolue… Encore une fois hésitant à monter un tarp pour se protéger d’un éventuel orage.

Une dernière montée nous sépare de la Vallée des Merveilles, nous essayons donc d’estimer à vue de nez le temps pour l’effectuer… et les risques en cas d’orage soudain.
Alors que je dis à Max « Là ça a l’air de s’améliorer quand même, l’orage semble être plutôt du côté où l’on vient », le tonnerre gronde quelques secondes plus tard.

On campe ou on décampe ? (élu jeu de mots de l’année 2020)

Nous sommes globalement tous les trois motivés et en forme pour continuer… ce que nous faisons après avoir étudié une dernière fois le ciel et être devenus météorologistes pendant l’espace de quelques minutes. (« Les nuages ont l’air de descendre de cette direction » « Non mais là c’est bon le soleil il perce pile sur notre chemin à travers tous les nuages noirs » « en une demie-heure même pas on est en haut« )

Adieu Lac du Basto !

Notre objectif est donc la Baisse de Valmasque (2549m), le petit col ci-dessous, unique endroit où le ciel est dégagé, comme un signe pour nous pousser à continuer.

La Baisse de Valmasque
Le Lac du Basto

20 minutes après, nous atteignons la Baisse de Valmasque, où nous nous félicitons de notre choix : le temps est superbe de ce côté de la vallée.

La Vallée des Merveilles
La Vallée des Merveilles bis

Nous sommes donc au sein de la Vallée des Merveilles, où se trouvent des dizaines de milliers de gravures rupestres.
Nous rangeons les bâtons de rando dans le sac (ceux-ci sont interdits dans la Vallée pour éviter de dégrader les peintures) et poursuivons le chemin, sous un beau soleil presque irréel.

Au fond, le Lac des Merveilles

Nous faisons un court arrêt au Refuge des Merveilles, près du Lac Long Supérieur, pour une pause bière et plateaux de fromages/charcuteries.
L’endroit est fortement peuplé et bruyant, nous ne trainons donc pas, et repartons après avoir rempli nos poches à eau.

Le Lac Long Supérieur

Nous rencontrons peu de temps après une gardienne du Parc, qui nous questionne un peu, gentiment mais probablement avec un peu de méfiance (il est 19h), en nous signalant que le bivouac est interdit jusqu’au Pas du Diable (ce que nous savions).
Il existe en effet des emplacements de bivouac à proximité du refuge, ce qui ne nous tentait pas vraiment au vu du nombre de personnes sur place.
Nous lui confirmons donc que nous avons effectivement prévu de dépasser le Pas du Diable avant de planter la tente.

Quelques gouttes de pluie font leur retour
Lac de la Muta
Lac de la Muta bis

Après avoir rencontré quelques lacs (Lac Fourca, Lac du Trem, Lac de la Muta), nous arrivons au Pas du Diable (2440m) vers 19h30, que nous dépassons pour bivouaquer peu après, entre le Pas du Diable et la Baisse Cavaline, sur un petit coin plus ou moins plat, au milieu des moustiques.

Repas complet

Après avoir préparé la semoule froide, le repas se fait vers 21h, avec une superbe vue sur ce qui nous attend. Plus de hautes montagnes en vue, plutôt de hautes collines herbeuses…

Vue sur la Baisse Cavaline

Bilan de la journée : 31km
Cumulé : environ 670km
Dénivelé : environ 2000m positif et 2000m négatif