Date : vendredi 13 août
Je passe à la boulangerie pour acheter 2 croissants et un pain au chocolat, puis profite d’un bon petit-déjeuner dans un bar de Gavarnie : 2 chocolats chauds, un café, et puis un troisième croissant. De quoi tenir pour une bonne matinée de marche. Je décolle donc vers 10h.

Après avoir croisé le pèlerinage des randonneurs de Gavarnie, qui semblent tous se rendre au Cirque (de Gavarnie, pas celui avec les clowns), le chemin qui mène au refuge des Espuguettes est bien moins fréquenté.

J’arrive à celui-ci vers 11h30, profite d’un jus d’orange, et fais sécher ma tente et mes vêtements au soleil et au vent. Vent qui manque d’emporter mon demi matelas en mousse, et que je rattrape de justesse alors qu’il allait s’envoler vers d’autres ravins.


Je repars vers 12h30, puis fais une pause repas vers 15h : je n’ai pas vraiment faim, mais j’ai trop de nourriture jusqu’à Parzán, prochain ravitaillement en Espagne, qui n’est pas si loin. Je repars vers 16h, après avoir longuement trempé les jambes dans le torrent.

Ensuite normalement, sur le trajet de la HRP, nous avons droit à plusieurs bons kilomètres de route départementale. Je décide d’éviter ça en prenant une petite variante perso, qui passe en hauteur jusqu’à Héas (et rajoute tout de même près de 300m de dénivelé)
À ce jour je ne sais toujours pas si c’était une bonne idée. La chaleur aux alentours de 17h était très difficilement supportable, et la montée très raide. C’est avec grande difficulté que j’avance donc, faisant des pauses toutes les 2 minutes pour boire. Je bois d’ailleurs jusqu’à avoir mal au ventre. Étrange sensation que de continuer à avoir soif, d’avoir la bouche sèche, mais l’estomac semble lui rempli d’eau.
Je me demande donc si c’est l’eau qui n’était pas bonne (malgré le filtre), ou bien un effet du fromage de Candanchu, dans mon sac depuis 4 jours…
Tant pis, je décide de me calmer sur ma consommation d’eau.

Croisant un ruisseau, je m’arrête et m’allonge dans un petit coin d’ombre, au milieu des vaches qui m’observent comme un étrange animal, et je fais une micro-sieste.

Je reprends mon chemin peu de temps après, enfin la montée s’arrête, je poursuis sur du plat, puis en descente, jusqu’au petit village d’Héas, où j’arrive vers 18h30 et où se trouve la meilleure chose au monde à ce moment précis : un camping.
Le camping a l’air très sympa et tranquille, des poules se promènent au milieu des emplacements.
Après avoir manifesté ma présence à l’accueil, je pose mon matelas sur mon emplacement, je m’assois, et je bois (n’ayant plus mal au ventre). Tellement content d’être arrivé au bout de cette journée.

Un couple à côté m’entend gonfler mon matelas et ils me proposent leur gonfleur : trop tard c’est terminé, c’est l’avantage d’avoir un demi matelas gonflable pour le haut du corps, et un petit matelas en mousse pour le bas.
Nous discutons un petit moment, ils me posent des questions sur mon périple, eux sont là juste pour le week-end.

Tom est là également, il fait la HRP, quel plaisir de rencontrer à nouveau quelqu’un qui fait le même parcours !
Il est également belge, comme Peter et Ahmed (visiblement il y a autant de belges que de français sur la HRP)
Peter m’avait d’ailleurs parlé de Tom en me disant qu’il avançait bien.
Nous discutons de nos rencontres sur la HRP : effectivement nous avons croisé plus ou moins les mêmes personnes. Tom avait également marché un peu avec Tobi et Natacha.
Il me parle de quelques autres personnes également que je n’ai pas encore croisées (peut-être plus tard ?)
Une fois de plus, je n’ai pas faim, mais je me force. Étrange, il y a des soirs où je pourrais manger tout ce qui me passe sous la main, mais depuis ce midi ce n’est pas le cas.
Ce sera donc fromage et pain pour ce soir, je retrouve d’ailleurs au fond du sac un croûton de pain qui doit dater d’un moment : j’ai racheté du pain hier à Gavarnie, avant ça… Je ne me rappelle plus. Bon, il est encore comestible et ce vieux pain ira très bien avec ce vieux fromage.
Tout ce que je mange sera du poids en moins dans le sac pour demain !
Bilan de la journée : 21km

Encore une belle étape Nicolas, et plutôt raide sous le soleil, mais toujours de jolies photos de paysages et un joli récit de tes rencontres… Bon courage en espérant pas trop de chaleur pour la suite…