Date : mercredi 25 août
Je profite encore d’une nuit de qualité, à basse altitude (1600m) donc pas de problème de température, et pas non plus de rosée ce matin ! Je ne prends pas de petit-dej et pars vers 8h30 en direction du Refuge Borda de Sorteny, dans l’espoir d’y manger là-bas, avec le chocolat chaud qui va bien.

Après avoir fait une courte visite d’un petit jardin botanique présentant quelques fleurs et plantes des Pyrénées, j’arrive au refuge vers 9h30.

Je prends donc un chocolat chaud pour accompagner mes Chocapic (après avoir longuement expliqué ce qu’était un « hot chocolate » à des espagnols toujours pas amis avec l’anglais), puis un « café americano » (là c’est plus simple), tout en profitant de tout le confort proposé par ce refuge : Wi-Fi, électricité… La connexion Internet est bienvenue, pour éviter la surtaxe des données mobiles en Andorre.
J’en profite donc pour rédiger quelques articles et tenter de rattraper mon retard sur ce blog…
Ensuite je fais une vérification de la météo : au programme, orages aujourd’hui vers l’Hospitalet-près-l’Andorre à partir de 14h : je n’aurais peut-être pas dû prendre une pause aussi longue… Mais je suis à une bonne journée de marche de l’Hospitalet, peut-être que j’échapperai à cet orage… Ou bien qu’il arrivera plus tôt ici.
Je repars donc… vers 11h, après une bonne heure et demie de pause.
Je ne suis définitivement pas du matin.

Je refais une pause repas vers 12h30, juste avant la dernière montée pour se rendre au Collada de Meners (2713m).
Le ciel est bien couvert désormais, le soleil est caché. Mais le col est en vue et me semble proche.
Je repars 45 minutes après, désormais clairement dans le froid et le vent.
Je vais me dépêcher de monter ce col… Ça me réchauffera.

15 minutes après seulement, je suis au col, que je pensais plus lointain.
Je passe l’attroupement d’espagnols en pause repas et ne m’attarde donc pas, d’autant que la pluie commence à sérieusement menacer…
Elle arrive effectivement assez rapidement.
Vers 14h30 j’arrive au Refugi de Coms de Jan (abri), où je fais une pause de quelques minutes, le temps que la pluie se calme un peu, puis je repars.
Bien entendu, la grêle débute peu après. Je mets le sursac de pluie sur le sac à dos, et je sors le parapluie.

Un peu plus tard, vers 15h, l’orage éclate vraiment. Je m’assois et je profite de la protection de mon parapluie : je vais attendre un peu avant de passer le col à 2700m d’altitude…
La pause dure jusqu’à 16h, la pluie s’est arrêtée, l’orage est passé. C’est reparti ! Un grand grand merci à ce parapluie, qui permet d’être parfaitement protégé et détendu : la pluie en montagne n’est plus un mauvais moment !

Je ne sais pas si l’orage est vraiment passé ou si un orage est passé, et un autre attend en embuscade. Toujours est-il que je sens que j’ai une fenêtre météo qui me permet de gravir ce col. Derrière ce col se trouve au mieux le soleil, au pire l’abri « Refugi de Cabana Sorda ».
Maintenant c’est un nouveau challenge : ne pas glisser sur les pierres trempées, et si possible éviter de mouiller les chaussures en mesh dans l’herbe…

Je passe le col sans problème puis j’arrive à l’abri-refuge vers 17h : 2 espagnols sont en train d’y dormir.
Je me pose dehors et je réfléchis à mes options, alors que le ciel est toujours menaçant : rester ici avec deux espagnols avec qui je ne pourrai pas communiquer, et après avoir fait seulement 16 kilomètres, en étant toujours en pleine forme…
Ou alors continuer, jusqu’au Refugi de Juclar, vrai refuge gardé cette fois, ce qui prend 2h30 selon le topo.
La pluie s’est arrêtée, l’orage gronde encore mais au loin, il n y a qu’un peu plus de 300m de dénivelé pour aller jusqu’au refuge… C’est parti, après 20 minutes de pesage de pour et de contre.

J’arrive au refuge vers 19h, je décide d’y rester pour la nuit : je ne suis pas contre une douche chaude et un lit confortable après ce temps orageux, et je n’ai pas trop la motivation pour planter le tarp (en plus il n y a pas beaucoup de place dans un milieu très rocheux) : ce sera donc ma première nuit dans un refuge gardé en montagne !
Je prends un jeton pour la douche : 4 minutes, 3€. Il va falloir être efficace !
Eh bien sachez que je n’ai même pas utilisé les 38 dernières secondes : oui, un compteur indique en fait le temps en direct, y compris les secondes.

Comme j’ai beaucoup de nourriture, je prends mon propre repas sur une table du refuge. Je tente de faire la semoule froide habituelle, avec celle récupérée à mon ravitaillement au Gîte de Mounicou : comme je le craignais, cela donne quelque chose d’horrible. La semoule ne gonfle pas du tout, et donne une forme de pâte gluante et infâme. Ce sera clairement mon seul et unique repas avec cette semoule.
Heureusement le refuge propose des verres de vin à 2€, j’en prends donc un, afin de m’aider à faire passer le reste du repas… Puis je compense sur le fromage et le saucisson.
Bonne surprise, les espagnols sont généreux sur le vin, je devrais bien dormir cette nuit !

Je vous laisse admirer cette superbe « semoule »… Ne sachant pas gâcher la nourriture, j’ai tout de même réussi tant bien que mal à la finir 🥲
Bilan de la journée : 22km

Ton régime kms+ dénivelés + semoule froide …je ne pourrais pas Nicolas … mais tes photos sont toujours superbes !
cette semoule m’a l’air tout bonnement infâme ! tu n’as pas tant d’articles que ça à rattraper finalement, espérons qu’on puisse les avoir avant Noël 😀