Date : Jeudi 26 août
La nuit s’est très bien passée (nous étions dans une chambre de 6 lits, mais il n’y avait que 2 espagnols avec moi), et le matelas a été confortable.
Je me réveille avant 6h30… Mais la partie cuisine est vide. Je retourne donc au lit, une petite demi-heure, avant d’entendre du bruit.
Les gardiens semblent s’activer : je vais pouvoir prendre mon petit-dej !

Après un chocolat chaud et un grand café, je pars vers 9h, les chaussures toujours trempées de la veille, et les chaussettes à peu près dans le même état.
A peine une heure après, les chaussures sont déjà sèches : vive le mesh! Avec des chaussures en gore-tex, il aurait très certainement fallu plusieurs jours, ce qui m’aurait fait gagner quelques ampoules… Encore un achat que je ne regrette pas.


Vers 10h, j’arrive au Col de l’Albe, et croise quelques isards. Pas de brouillard ni de mer de nuages en vue : va t-il faire beau aujourd’hui, pour ce retour en France ?
Débute ensuite un jeu de piste à la recherche des balisages, au milieu d’un pierrier. Pas besoin de bâtons pour cette fois, mieux vaut s’assurer avec les mains !



Je m’accorde une petite pause grignotage vers 11h30, profitant de l’ombre d’un arbre alors que le soleil tape de plus en plus fort. Puis c’est reparti direction : la ville.


Vers 14h, j’arrive à L’Hospitalet-Près-l’Andorre. J’ai bien l’impression que cela fait une éternité que je ne suis pas passé dans une ville…
Je passe devant le seul vrai ravitaillement, une petite épicerie-bar : fermée. Elle est pourtant censée être ouverte à cette heure-là… Et j’ai besoin de nourriture pour la suite. Bon, je vais à la boulangerie un peu plus loin, où j’achète une fougasse, un pain au chocolat et une bière (locale), pour le repas du midi.
Je demande des informations à la vendeuse concernant les horaires de l’épicerie, elle me confirme qu’elle devrait être ouverte, et qu’elle l’était un peu plus tôt. Je mange donc tranquillement à l’intérieur de la boulangerie, profitant des tables et de l’électricité à disposition. Aujourd’hui j’ai envie de prendre mon temps…
Après un grand café supplémentaire, je rachète un pain complet.
Suite à cette grande pause, je repars en direction de l’épicerie : elle est ouverte! Je retrouve là une superbe épicerie de montagne : les produits sont disposés telles des œuvres d’art dans un musée, c’est à dire en petite quantité et avec le prix qui va avec.
Je trouve tout de même un paquet de purée, une tablette de chocolat, et du fromage. Pour la route et pour le courage, j’achète au passage une glace vanille-caramel salé-chocolat au lait-noix de Macadamia caramélisées : 245kcal de bonheur.
Je repars vers 17h, heure à laquelle les vrais randonneurs s’arrêtent, heure à laquelle je commence à être efficace.



Vers 19h30, j’arrive en dessous du refuge des Bésines. Je n’y monte pas, j’entends le bruit des couverts et je sens l’odeur du repas… mieux vaut ne pas trop s’approcher pour ne pas craquer. Il faut que je continue à avancer.






A 21h j’arrive au Col de la Coume d’Aniel (2470m d’altitude). Le soleil commence à vraiment disparaitre, il va falloir que j’avance bien pour la suite.
Ça tombe bien, c’est de la descente : je trottine donc, alors que les étoiles apparaissent petit à petit. Est-ce que je dois sortir la frontale ? Elle est quelque part dans mon sac… c’est bon, je vois encore mes pieds.
Je manque tout de même d’écraser un crapaud (et manque aussi de me tordre la cheville en l’évitant de justesse). Ce ne sera pas le seul, j’en croise des dizaines et des dizaines sur le chemin.
A un moment, je tombe sur un campement. Je distingue vaguement deux personnes qui me demandent si je vois encore quelque chose. « Euh plus beaucoup mais je ne vais pas tarder à m’arrêter, j’ai une frontale au cas où »
« Ok … bonne soirée » (Bon à leur ton je crois qu’ils m’ont vraiment pris pour un fou – ce qui n’est probablement pas tout à fait faux)
Après quelques sauts d’obstacles-crapauds supplémentaires, je sens que le terrain est plus plat, herbeux, et tranquille, je m’arrête donc et je sors la fameuse frontale pour chercher LE coin de bivouac. Malgré la lumière, il est plutôt difficile de déterminer si un terrain est plat, de nuit. Entre deux rochers, ça me parait pas mal et je serai un peu abrité du vent.
Il est 21h30, 10 minutes après le campement est installé, en cowboy camping. Il ne reste plus qu’à manger. Je prépare le repas… et finalement je change de stratégie, l’humidité arrive, je plante donc le tarp en vitesse.
Je reste tout de même un peu à l’extérieur, et profite d’une superbe vue sur la voie lactée… puis sur un lever de pleine lune.
Je me motive ensuite pour aller chercher de l’eau au lac un peu plus loin.
A proximité j’entends un crapaud se battre avec un oiseau : coassements et battement d’ailes. Visiblement c’est l’heure du repas…
Bilan de la journée : 30km

Enfiiiiiiin ! Plus que quelques étapes !
Encore une belle étape ça faisait longtemps…beaux paysages,jolis sentiers et très belle lumière …et oui les crapauds sortent dès qu’il commence à faire plus humide le soir !!!