[HRP2021] Jour 7 : Sotalepoa – Lescun

Date : samedi 7 août

Comme souvent, il a encore beaucoup plu cette nuit, et avec du vent pour rajouter au plaisir. Je me suis donc terré au fond de mon tarp et la nuit s’est bien passée. Quelques chevaux se sont promenés tout près des tentes, ce qui a fait un peu stresser Peter et moi-même : les chevaux arrivent-ils a repérer les tentes la nuit ?

Nous partons vers 9h, la tente trempée sur le sac à dos pour la faire sécher en marchant.

Après une erreur de lecture de carte, nous faisons un petit détour qui nous oblige à grimper une montagne plutôt que revenir en arrière pour la contourner. (reste à savoir si cette solution était plus « rentable » en terme de temps ou de fatigue)

Arrivés en haut de la montagne, Peter et moi nous séparons : nous ne marchons pas au même rythme, et après avoir profité de sa présence pendant presque 2 jours, je me dois de poursuivre à ma vitesse normale afin d’avoir une chance de finir la HRP à temps.

Le terrain est extrêmement boueux et glissant après la pluie de cette nuit. Je m’arrête de temps en temps afin d’essayer de nettoyer les crampons sous mes chaussures, qui sont devenues parfaitement lisses (et plus lourdes). Je me félicite au passage d’avoir choisi le coloris « savane » pour cette paire : cela s’accorde très bien avec la boue.

J’arrive vers 12h30 au refuge de Belagua : heure parfaite pour manger le repas du midi. Eh bien non, nous sommes toujours en Espagne. Les plats sont servis à partir de 13h. Aucun problème, je profite du refuge pour me reposer, goûter une nouvelle bière locale (Xorta Urrieta, une red ale), et recharger mon téléphone, en attendant 13h.

Je me décide ensuite pour le poulet / frites / salade, que je mange en un clin d’œil (ce qui est un exploit comme chacun sait), ainsi que la corbeille de pain au complet (enfin, seulement le pain, pas la corbeille, bien que…)

Après une glace (chocolat vanille) et un grand café, Peter arrive également au refuge. Je le laisse manger son repas bien mérité, et repart peu avant 15h.

À droite, le refuge de Belagua

S’ensuit un long chemin fort agréable en forêt. Le brouillard s’installe petit à petit (tiens, est-ce qu’on ne s’approcherait pas de la France ?)

Progressivement la forêt disparaît, mais pas le brouillard. Je m’arrête un instant : il n y a pas un bruit. Pas un animal, pas un craquement de branche, pas de vent. Cela donne une ambiance très particulière, avec l’impression d’être vraiment seul en pleine nature, perdu, isolé.

Je me rappelle à cet instant le panneau du parc au niveau du refuge, indiquant la présence d’ours dans cette région. Je me dis que ce type d’ambiance serait le moment parfait pour voir un ours débarquer. Ou plutôt pour ne pas le voir débarquer, avec le brouillard.

Je continue donc mon chemin en observant avec attention les environs.

Le brouillard se dissipe peu à peu, le paysage est magnifique et je m’arrête toutes les 2 minutes pour photographier une fleur, puis une autre.

Je rencontre ensuite 3 jeunes qui font un morceau de la HRP, du Col de Lizuniaga jusqu’à Lescun. Il s’agit donc de leur dernière étape : ils vont bivouaquer tout près et descendront ensuite à Lescun puis reprendront le train pour Paris.
Ils me demandent où je vais camper. Très bonne question. « Lescun ça fait un peu loin » : un panneau indique 3h. L’avantage de Lescun étant qu’il y a un camping, et donc l’éventualité d’une douche chaude. Mais il est déjà 18h30.

Je me dis, comme souvent, allons le plus loin possible et on verra bien. Ce n’est que de la descente jusqu’à Lescun dans tous les cas.

Comme je suis de nouveau côté français, le brouillard est de nouveau bel et bien présent : on ne voit pas à plus de quelques mètres.

Sur le plat et la descente, je vais le plus vite possible, parfois en trottinant. (que ne ferait-on pas pour une douche chaude ?) peu avant 20h, j’appelle le camping : pas de souci pour arriver vers 21h et quelques, ils seront là.
Le brouillard, sympa, s’en va pour laisser place à une petite pluie. Le terrain est terriblement boueux, pour changer.

J’arrive devant le panneau du camping à 20h50 : dans les temps.

Je paye l’emplacement et j’achète des barres céréales-fraises, un paquet de noix de coco-bananes-raisins secs, et un « Lauzart », part de gâteau maison à base de je ne sais plus trop quoi, de bonnes choses bien sucrées : juste ce qu’il me fallait pour le dessert. Une chance que le camping possède également un petit coin épicerie : je n’aurai pas à retourner dans le centre de Lescun demain pour me réapprovisionner.

Lorsque j’installe mon tarp sur l’espace réservé aux randonneurs, cela intrigue mes voisins d’emplacement, et un homme vient discuter avec moi : il me dit qu’il est intéressé également pour faire la hrp, mais qu’il attend d’avoir le temps pour la faire.

Le temps d’installer le campement, préparer à manger, et manger, je file profiter de la meilleure douche chaude de ma vie vers 23h, et règle le réveil un peu au hasard pour le lendemain : je pense que ce sera plutôt réveil tranquille sans se presser.

Au compteur sur la montre : 30km aujourd’hui

2 commentaires

  1. Magnifiques fleurs ! En parlant d’ours en Ariège, un berger s’est fait attaquer avant hier mais il a eu le temps de se réfugier dans sa cabane 😬 (donc je te conseille de construire rapidement une cabane si tu tombes sur l’un d’entre eux)

  2. Ah oui super jolies les fleurs, tu es arrivé dans un jardin ?
    Par contre le temps n’est pas terrible avec ce brouillard persistant, les jours suivants devraient être meilleurs…selon la météo !
    Encore un très beau récit avec de jolies photos !
    Attention de ne pas attirer les ours 🐻 avec tes sucreries !!!

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